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Bois et hygiène hospitalière

Créé le 11/10/2021 - dernière mise à jour le 12/10/2021

Enquête sur la sécurité hygiénique et propriétés antimicrobienne des matériaux bois
Bois.com - Hôpital de jour pour enfants à Chevilly-Larue

Le matériau bois est un composant incontournable de la construction. Les argumentaires de son développement sont souvent basés sur le plan du bien être en raison de son aspect, de sa nature écologique et de ses effets biophiles chez l'homme. L'utilisation de ce matériau dans des endroits sensibles sur le plan de l'hygiène est toutefois remise en question en raison de sa nature organique et poreuse. Des études antérieures ont montré que le bois possède des propriétés antimicrobiennes contre de nombreux microorganismes importants du point de vue de l'hygiène. Des travaux étaient toutefois toujours nécessaires pour démontrer cette action antimicrobienne et sa relation avec le bois et les variables microbiologiques. Cette recherche, menée dans le cadre d'une thèse réalisée de 2017 à 2021 à l'ESB avec le soutien du CODIFAB, visait à rassembler et à générer des informations pour guider les acteurs de l'hygiène hospitalière en ce qui concerne la sécurité hygiénique du matériau bois.

Des méthodes ont été développées pour étudier l'action antimicrobienne du bois et identifier les variables qui influencent ce comportement. Dans ce contexte, une méthode de diffusion directe sur gélose (appelée antiboisgram) a donné de bons résultats en ce qui concerne le dépistage de plusieurs essences de bois (6 essences dont Chêne, Hêtre et Douglas) pour leur action antibactérienne et antifongique. Le Chêne et le Douglas comptent parmi les essences ayant une action forte sur de nombreux microorganismes, cela sans indication de l’impact d’une variabilité intrinsèque ou régionale. Elle a également permis d'identifier que les variables microbiennes (isolat, antibiorésistance) n’étaient pas prépondérantes dans les propriétés antimicrobiennes des essences. Une méthode de récupération bactérienne en surface a également montré que la plupart des bactéries nosocomiales courantes survivent moins bien sur le bois que sur les surfaces lisses comme l’inox, le plastique.

Parallèlement, l'utilisation de sondes fluorescentes pour étudier la distribution des bactéries sur et à l'intérieur des matériaux en bois à l'aide de la microscopie laser spectrale confocale a permis de mieux comprendre la localisation et la diffusion de telles bactéries au cœur du bois. Ces expériences ont permis d'obtenir des informations fructueuses qui pourraient améliorer la compréhension du rôle du bois dans la sécurité hygiénique des bâtiments de soins de santé. Les futures recherches et les directives d'application qui sont suggérées concernent la prévalence des pathogènes dans les bâtiments de soins de santé en bois et la perception des occupants des hôpitaux vis-à- vis de l'environnement intérieur en bois.

Cette enquête est l'objet de la thèse de doctorat de M. Munir de l'Ecole Centrale de Nantes. Elle a été cofinancée par le CODIFAB.

 

A télécharger

Le résumé du projet Bois H2 (ESB, 2021)

Le mémoire de la thèse soutenue par M. Munir en février 2021, ESB et Ecole Centrale de Nantes (2021, 225 pages principalement en anglais)

 

Articles de presse à consulter :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/recherche-et-si-le-bois-etait-bon-pour-la-sante-6289383
https://www.agreenium.fr/actualites/le-bois-neutralise-les-bacteries-un-pari-scientifique-de-lecole-superieure-du-bois
https://www.reseau-chu.org/article/le-bois-une-arme-contre-les-bacteries-les-chercheurs-se-penchent-sur-la-question/