L’étude caractérisation au feu du bois phase III (2025) s’inscrit dans la continuité des phases I et II finalisée depuis 2023.
Pour rappel, ces projets pluriannuels, réalisés par le CSTB, à l’initiative de l’UICCB (Union des Industries de la Construction et du Commerce du Bois), de l’UMB-FFB (Union des Métiers du Bois-Fédération Française du Bâtiment) et de la CAPEB, avec le soutien du CODIFAB, ont pour objectif prioritaire d’apporter une aide au choix de complexe de matériaux en réaction au feu mis en oeuvre en revêtements de parois pour les professionnels de la menuiserie intérieure agencement.
En parallèle, les données de caractérisation fournis dans ces études permettent également de valider des solutions d’habillage intérieur pour répondre aux exigences de la réglementation.
La phase II de cette étude a permis de compléter la phase I, en caractérisant le comportement au feu de plus de 40 références de produit à base de bois, issus de différentes origines. Cette première démarche de caractérisation au cône calorimètre a permis d’obtenir une base de données fiable et représentative, y compris sous des niveaux d’agression thermique élevés.
Dans le cadre de la phase III, l’influence de la mise en oeuvre sur le comportement au feu des produits bois est cette fois-ci intégrée. En effet, lorsque ces produits sont intégrés dans un système avec une mise en oeuvre spécifique, leurs caractéristiques feu peuvent différer de celles obtenues sans mise en oeuvre. Ainsi, en fonction de ses caractéristiques, l’isolant placé à l’arrière du panneau peut exercer une influence sur la propagation du feu en surface du bois.
Dans le cadre de cette étude, les isolants sélectionnés sont d’origine biosourcée, dans une logique d’association bois/isolant à faible empreinte carbone, en cohérence avec les objectifs de la Réglementation Environnementale RE2020. Les données expérimentales produites sont issues d’essais au Single Burning Item (SBI) avec relevé des données calorifiques, production de fumée et orientation Euroclasse.
Au total, 7 associations bois/isolant ont été testées : panneau MDF ignifugé perforé rainuré avec fibre de bois haute et basse densité ou liège expansé et panneau contreplaqué ignifugé avec fibre de bois basse densité, laine de chanvre, ouate de cellulose ou fibre de coton.
L’étude montre que l’utilisation d’isolants biosourcés, en association avec des panneaux en bois classés Euroclasse B, n’entraîne pas de dégradation de ce classement. Les systèmes intégrant des panneaux acoustiques MDF ignifugés présentent une sensibilité accrue au phénomène de feu couvant du fait des perforations et rainures, générant davantage de fumées et un déclassement de s1 à s2. Le taux d’ouverture du parement apparaît comme un paramètre déterminant, appelant à une attention particulière pour les panneaux très ajourés ou les configurations de type claire-voie.